De Salta à Cafayate

16 au 25 février 2017

Le passage en Argentine depuis la Bolivie aura duré presque 24 heures…. Pas question de rester une nuit de plus à Uyuni qui ne représente aucun intérêt, nous avons en effet décidé de quitter le pays en bus directement après notre expédition sud Lipez. Départ à 20h le soir en collectivo tout terrain, direction la ville frontalière de Villazon d’abord, sur piste quasi exclusivement, donc difficile de dormir…. Puis Salta, dans le nord-ouest argentin (NOA comme ils disent ici). Nous serons déposés à 5 heures du matin et pris en charge par une rabatteuse de la compagnie Balut  à l’arrivée qui nous accueille dans son bureau pour nous vendre la liaison suivante en Argentine. Prochain départ à 8h50, cela nous semblait jouable, mais c’était sans compter le passage de la frontière qui aura duré plus de 3 heures, ni le décalage horaire (il y a une heure de moins en Argentine). Heureusement notre hôtesse de Balut veillait sur nous et nous a modifié nos billets in extremis pour le départ suivant à 11h15 de l’autre côté de la frontière au terminal de bus de La Quinca. Là, à force d’attendre, nous ne faisons pas suffisamment attention aux quais de départ, et au moment de charger les bagages, on se rend compte que notre bus nous part sous le nez ! On lui court après… mais le chauffeur décide de poursuivre sa route et part sans nous… Nous étions en train de charger dans le bus qui partait à Buenos Aires pour plus de 24 heures de voyage ! La perspective d’un tel trajet n’était pas envisageable encore… Heureusement le chauffeur du bus pour Buenos Aires a assuré et nous a embarqués pour nous remettre dans le bus pour Salta qu’il croiserait au prochain poste de contrôle de police une heure de route plus loin. Ouf !

Bus Balut : Iguazu-Villazon 50 bol/personne / La Quinca-Salta : 200 bol/personne

Nous arrivons donc à Salta vers 19 heures, rincés… Salta la Linda ! C’est en effet une belle ville coloniale, à 1200 mètres d’altitude (seulement !). Le changement d’environnement est déjà bien visible d’un pays à l’autre même si nous sommes toujours dans la région andine. Les maisons sont finies, avec de jolis balcons en bois, plus de femmes enjuponnées ni chapeautées…

Nous débarquons sans savoir où loger, et les taxis ne veulent pas nous déposer dans le centre-ville, trop proche du terminal de bus pour eux, car ici les prix de la course ne se négocient plus… Il y a des compteurs. Donc pas possible de piéger le touriste ! Par chance le premier hôtel que nous trouvons a de la disponibilité, et même si les prix nous semblent chers par rapport à la Bolivie, nous décidons de nous y poser quelques jours et constaterons plus tard que c’est d’un rapport qualité/prix imbattable à Salta : deux chambres contiguës hyper confort et propres, avec un patio qui deviendra notre salon et salle de classe, des pâtisseries maison pour le petit déjeuner, les draps changés tous les jours et une piscine… Le grand luxe par rapport aux 5 derniers jours ! Un lieu idéal pour nous remettre des dernières nuits trop courtes et pour remettre les enfants au travail. Tellement bien que nous ne bougerons quasiment pas, sauf pour goûter les empanadas (spécialité locale) ou la fameuse viande argentine (mumm… le bife chorizo bien saignant et tendre) et le vin de la région. Quand on doit trouver une esthéticienne, laver le linge, acheter des baskets à Fantin qui a encore grandi des pieds (!) et aller au centre médical pour soigner son doigt,… on a presque l’impression d’être chez nous et de reprendre nos petites habitudes parisiennes. La chaleur sèche de cette fin d’été est étouffante en milieu de journée et le rythme y est adapté avec un centre-ville vide entre 14 et 17h00.

Hôtel Del Antiguo Convento : Salta, Calle Caseros 113, Salta / 1300 pesos les deux chambres doubles avec PDJ, ou 900 pesos la chamber quadruple, PDJ inclus.
Hotel del Convento

Après 4 nuits, nous avons à nouveau des fourmis dans les jambes et décidons d’explorer la région sud et les vallées de Calchaquies jusqu’à Cafayate mais cette fois… en voiture. Nous voilà donc partis avec notre petite Chevrolet sur la route 33 qui grimpe dans les montagnes jusqu’au col de Piedra del Molino  à 3350m avant d’atteindre les hauts plateaux dénudés plantés de cactus candélabres,  puis sur la route nationale 40, qui est en fait une piste de plus de 150 km entre Cachi et Cafayate.

Ici, encore une région spectaculaire de moyenne montagne que nous prenons le temps d’apprécier quitte à faire l’impasse sur la très courue boucle nord vers la quebrada Humahuaca. Nous posons nos sacs 2 jours à la campagne, à 10 km de Cachi, à la Casa del Campo de La Paya, en direction de Molinos : une Finca au style architectural Calchaqui particulier qui mixe le genre colonial cossu joliment décoré avec des matériaux rustiques faits de brique, de pisé et de chaux. Sa table d’hôte excellente est délicatement servie dans la maison principale sur des tables nappées et au couvert élégant. Poulet en sauce en entrée, cannellonis verdure gratinés en plat principal, crumble aux pommes et crème fraîche…  nos estomacs n’ont plus l’habitude de tant d’abondance ! On s’y refait néanmoins très rapidement car le restaurant de Cachi où nous mangerons le soir suivant nous surprendra encore plus : les meilleures pâtes « ever » à l’unanimité selon les garçons. Un service un peu long, mais le temps nécessaire à la préparation, effectuée devant nous et gage de bonne application et produits frais ! Dans un autre style, les empanadas bon marché dénichés par hasard au bout d’une piste interminable à Seclantas dans un petit snack étaient aussi délicieux. Bref, en relisant ces lignes, je me dis que nous étions un peu en manque de bonne nourriture ces derniers temps et que cette première escale argentine nous a bien comblés.

Location de voiture Agence Fox : calle Caseros, Salta (pas loin de notre hôtel et pourtant le moins cher ! 55€/jour, dépose aéroport incluse)

Casa del campo La Paya : Chambre quadruple SDB : 1000 pesos/nuit, 200 pesos/pax la table d’hôte Argentinaturismo

Restaurant de pâtes à Cachi : Ashpamanta, Bustamante, Cachi.

Côté breuvage, c’est surtout à Cafayate que nous ferons le plein, essentiellement de Torrontes, le seul cépage d’origine du pays, au parfum fruité mais sec au goût. Nous arrivons malheureusement une semaine trop tôt pour assister aux vendanges. Dommage car les vignobles (Malbec, Cabernet-Sauvignon, Syrah et Torrontes essentiellement) de ces hautes terres adossées aux contreforts de la cordillère sont prometteurs. Pas de visite de domaine possible non plus car le festival musical la « Serenata » qui accueille beaucoup de monde en ville pendant trois jours oblige les propriétaires à fermer pour éviter les abus d’alcool…

Nous réussirons seulement à convaincre de visiter rapidement la Bodega Nanni sous prétexte de culture générale pour les enfants ! Ben oui… ça fait partie du patrimoine ! Avec une petit dégustation à la clé, mais pas terrible au final. Le festival a pour autre inconvénient, pour nous qui ne sommes pas fins connaisseurs de la musique latino du coin, de faire grimper en flèche les tarifs des hébergements.  Un dortoir en auberge de jeunesse au prix de notre petit nid de Salta… très peu pour nous ! On fait chemin inverse et on s’installe pour le même tarif dans une suite à la Casa del Ventios (pas d’autre choix aux environs)  à San Carlos, une petite bourgade tranquille et familiale à 25km au nord, avec sa place principale animée le soir et ses tortillas au fromage de chèvre cuits au BBQ sur les trottoirs. Bueno !

Casa del Ventios : Los Alfareras – San Carlos ( 1000 pesos/nuit la suite 2 chambres avec PDJ / reserva@casadelosvientos.com.ar Casa del Vientos

La route 68 qui retourne vers Salta, bien que goudronnée est pleine de charme aussi. Elle serpente sur toute la première moitié du parcours au travers de la Quebrada de Las Conchas. Entre terre rouge et ocre, paysages arides et formes surréalistes sculptées naturellement, on profite à nouveau d’une nature spectaculaire du Nord-Ouest argentin. Je dois évidemment citer les Tamales picorés en chemin pour compléter cet article décidément très culinaire. Pas un souvenir impérissable pour nous que ces mélanges de viande, farine de maïs et œuf cuits et servis dans une feuille de maïs… mais au moins on aura goûté cette spécialité.

Le retour à Salta sera moins drôle quand, arrivés à l’aéroport pour notre vol vers Iguazu, alors que nous avions prévu une dépose de véhicule pour éviter de repasser en ville, nous découvrirons que les grèves existent aussi en Argentine et que les pilotes à l’origine du mouvement en décideront autrement. Vol annulé et reporté au lendemain. Retour à la case départ, dans notre petit hôtel sympa à Salta. Finalement, cette journée supplémentaire aura le mérite de nous donner un temps supplémentaire pour visiter la Musée  Archéologique de Haute Montagne (MAAM). Un peu une redite en la matière après Arequipa au Pérou puisqu’il s’agit de l’histoire de la découverte de momies d’enfants offerts aux dieux incas au sommet du volcan Llullaillaco à 6700m en Argentine cette fois. Mais un musée très bien scénographié  et très agréable à visiter. Nous ne serons pas les seuls en retour à Salta, car nous croiserons à nouveau les deux jeunes sympathiques motards belges en road-trip sur le continent qui sont eux aussi revenus pour panne de moteur. Chacun sa croix !

L’Odisea de QuMa : Lodiseadequma

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2 Comments

savary raymonde 12 mois ago

que de péripéties mais la récompense au bout du chemin!!
vous nous faites toujours rêver
profitez bien
bisous

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Olivier L 12 mois ago

décidément un début de périple plein de rebondissements…ça arrive donc aussi aux autres 😉
bonne visite des Chutes ! vivez à 100%
olivier

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