Sucre-Potosi : port du casque obligatoire !

6 au 11 février 2017

Difficile de quitter notre famille en or et leurs amis tout aussi accueillants de la communauté française à La Paz, mais la route nous attend, avec 12 heures de bus de nuit pour Sucre, 714 km plus loin. Cette fois-ci, nous passons à un cran supérieur avec les sièges à 180° de la compagnie Eldorado !

A Sucre nous n’avons pas résisté au port du casque (le ridicule ne tue pas !) pour aller voir de près les empreintes de dinosaures passés par là il y a quelques 60 millions d’années ! Et nous avons remis cela, quelques 200 km plus loin, à Potosi, pour entrer dans les entrailles de la mine d’argent ! C’est un des effets du voyage au long cours : nous oublions très vite les modes et on ne s’embarrasse de moins en moins des contraintes de la coquetterie.

Plus sérieusement… la ville coloniale de Sucre contraste avec La Paz. D’un côté la capitale constitutionnelle du pays, toute blanche et classée au patrimoine de l’humanité pour ses édifices baroques, où il règne une agréable douceur de vivre. De l’autre, la capitale de fait, un chaos grouillant et très spectaculaire encaissé dans un immense canyon entre 3000 et 4000m, dominé par le quartier de l’Alto qui s’étend sur près de 11km et dans lequel nous n’avons pas envie de nous arrêter quand nous voyons les mannequins pendus à quelques immeubles (tous en construction, ou pas finis) en signe de justice populaire du quartier !

Sucre, première vielle de l’empire inca du sud au 16ème siècle, City of Silver, elle a attiré beaucoup d’européens à l’époque. C’est là que la plus grande université d’Amérique du sud fut créée au 17ème siècle. C’est aussi dans cette ville que le Maréchal qui a donné son nom à la ville, de l’armée de Bolivar, a démarré la révolution pour l’indépendance du continent en 1809. Cela aura pris 16 ans pour la Bolivie ! Donc un beau patrimoine historique et culturel qui laisse des traces et fait de cette cité une étape riche en découvertes. Mais pas seulement ! Car les traces laissées par les 40 espèces de dinosaures sur les parois d’une carrière et découvertes en 1994 sont tout aussi impressionnantes (même si le côté Disneyland de la scénographie du Jurassic Park bolivien peut faire sourire).

 

Tandis que le chemin pré-hispanique que nous avons parcouru à une heure-là, nous a permis de faire un cours de sciences naturelles et de géologie aux enfants en 3 heures de marche (avec notre guide José ça va sans dire) sur la sédimentation de la période crétacée, la fracture des continents  et la formation de la cordillère avec le très spectaculaire cratère de Maragua, d’un diamètre de 8 km et entouré de strates de couleur laissées par les différents minéraux !

Agence Bolivian Full Explorer : 240 Bol/personne pour la journée incluant chauffeur, voiture et guide Bolivian Full Explorer

Casa Solariega Hostal B&B : Calle Grau 241 Zona Central, Sucre /+59177126925 /44$ la chambre quadruple en dupleix (douche chaude et PDJ inclus) Casa Solariega Hostal B&B

200 km plus loin, c’est la ville la plus faute du monde de Potosi qui nous rappelle encore une fois la fureur des conquistadors face à la richesse « offerte » par La Plata, une montagne pleine d’argent, de plomb et de zinc que les incas n’avaient pas voulu exploiter mais que les espagnols n’ont pas hésité à transformer en manne de développement du capitalisme en Europe au prix de plusieurs millions de morts. La visite de la Casa de la Moneda, en français, nous permet à tous de prendre la mesure des ravages de l’esclavage imposé encore une fois aux autochtones par les espagnols et de découvrir notamment les origines du symbole du dollar !

Casa de la Moneda : 80 Bol pour 4, visite guidée en français inclus Casa de la Moneda

Nous avons décidé de visiter la mine, toujours en exploitation, même s’il n’y a plus grand-chose à en tirer maintenant, que les boliviens n’ont même pas les moyens de séparer les minerais qu’ils en sortent et doivent confier cette dernière étape à d’autres pays. Le côté voyeur de la visite et notre accoutrement (nous devons revêtir leurs vêtements, bottes, casques,…) sont certes un peu gênants, mais finalement nous ne le regrettons pas. L’achat de dynamite au marché avant d’entrer en guise de cadeaux pour distribuer aux plus pauvres a aussi un côté surréaliste ! Les conditions de travail ne semblent pas avoir beaucoup évolué depuis « Germinal » (une parfaite occasion de faire lire du Zola à Némo d’ailleurs !). L’alcool « potable » à 96° que les mineurs absorbent pour supporter leurs conditions sont à l’origine d’accidents autant que les cancers liés aux absorptions toxiques…. Cet alcool sera néanmoins salvateur lorsque, coincée au milieu d’une veine dans l’attente d’une explosion, le guide en tamponnera mon masque afin de me remettre de ma légère crise d’angoisse ou de claustrophobie pendant la visite ! Mis soit-disant à l’abri  des effets de l’explosion au milieu d’un boyau qui lui semblait plus fiable pour notre sécurité, j’en menais pas large quand j’observais ma famille accroupie dans l’antre de cette montagne percée comme un gruyère. Mais qu’est-ce qu’on foutait là ??? Le vibrations de la montagne et l’odeur de poudre après les détonations n’avaient rien pour me rassurer.

« Sandrine ! Passe-moi la dynamite qu’est dans ton sac ! »

A ce moment-là je ne répondais plus lorsqu’Arnaud m’appelait de l’autre bout afin que je lui passe la dynamite que j’avais dans mon sac pour la remettre à un mineur ! Surréaliste je vous dis ! La rudesse de ces vies qu’on a peine à croire qu’elle existe encore, elle se lit sur les visages ainsi que dans l’atmosphère qui règne dans le carnaval des mineurs auquel nous avons eu la chance d’assister le lendemain. Chacune des 38 corporations y défile au rythme du même air joué toute la journée pas leur fanfare. Cela commence dès 10 heures le matin afin que chacune puisse passer devant le nouveau ministre (celui qui a remplacé le précédent tué après séquestration par les mineurs justement ?….) en s’appliquant dans leur chorégraphie traditionnelle. Le matin on sent de l’énergie  dans les pas de danse, mais passé midi, les yeux rouges d’alcool et les mâchoires pleines de feuilles de coca, l’entrain est légèrement entamé… Et ce tout autant pour les spectateurs qui se sont installés autour du défilé avec leurs famille et profitent eux-aussi de cette journée en consommant bières chaudes et grillades.

Il n’empêche qu’on apprécie cette ambiance authentique à laquelle très peu de touristes assistent à part nous et la famille de voyageurs au long cours Dipatakat, sur la route depuis 3 ans, que nous avons eu la chance de rencontrer à Potosi et avec laquelle nous avons partagé deux jours super sympa, quelques bières et hamburguesas à 5 Bol des vendeurs ambulants an bas de leur « chez eux » ! Nemo, Fantin et Eole sont évidemment tentés par ce qui semble être la tradition pour les enfants ce jour-là : à savoir arroser copieusement de mousse les passants et acteurs du défilé. On passera à travers les gouttes cette fois !! Le lendemain, le carnaval descend des hauteurs du quartier des mineurs et reprend son cours dans la ville basse, centre baroque en désuétude qui risque de perdre son statut de ville classée au patrimoine de l’Unesco. Et là, avec nos bagages sur le dos, en départ vers Uyuni, nous avons moins de mal à éviter les arrosages ! C’est le jeu…, et nous quittons Potosi avec de beaux souvenirs de partage encore une fois,…

Agence Big deal Tours : avec Wilson, mineur et guide, calle Bustillos 1092, Potosi / 500 bol pour 4 la demi-journée Agence Big deal Tours

Hostal Tukos : La Casa Real, Hoyos 29, 5911 Potosí / +591 2 6230689 / 68$ les deux chambres (Douches chaudes et PDJ inclus) Hostal Tukos

Dipatakat : belle famille de voyageurs avec Eole, Florence et Arnaud Dipatakat

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4 Comments

savary raymonde 1 année ago

ça change du carnaval de Granville
vous êtes super beaux en habit de mineur!!!
bisous
mamy

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zugolo 1 année ago

diaporama HS ??

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Thierry et Stéphanie 1 année ago

Salut les Farre.
Je comprends que vous portiez des casques afin d’éviter les chutes de drone.
Plus sérieusement, cette première visite sur votre blog nous fait rêver.
Il nous manque quelques notes de musiques locales sur les images de drone mais vos textes et photos sont au top.
Bizz
La famille Imbert

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Gervais-Marchal Virginie 1 année ago

Bon et bien ça pourrait tout juste irréel…si j’ai bien compris les enfants aussi avaient leur dynamite…ça relève plus du cartoon non?
Bonne continuation!

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